Les salins, double tombolo

Les anciens salins et les zones humides

Dans la partie sud d’Hyères, les zones humides offrent au regard de larges étendues. Ce sont là des espaces spécifiques s’inscrivant dans une logique hydraulique, biologique et socio-économique.

Ainsi, la majeure partie de la plaine littorale était à l’origine une vaste mosaïque d’étangs et de prairies temporairement inondées. De cette « Petite Camargue hyéroise » qui a marqué l’étymologie de certains lieux dits tels que le « Palyvestre » (palud = marais) subsistent certains espaces remarquables dont :

  • les prairies humides de la plaine de Macany, avec leur cortège de roselières ou de phragmitaies
  • les marais d’eau plus ou moins saumâtres où se développe la sansouire avec notamment le marais des Estagnets. Cette réserve biologique appartient au Conservatoire du Littoral
  • les Anciens Salins d’Hyères, lagunes artificialisées pour la production du sel jusqu’en 1994 : Vieux Salins (350 ha) et Salin des Pesquiers (550 ha).

L’ensemble de ces sites constituent des espaces privilégiés pour le nourrissage ou la reproduction d’un grand nombre d’oiseaux sédentaires ou migrateurs avec plusieurs espèces protégées telles que l’avocette élégante ou le tadorne de Belon? Sans oublier l’emblématique flamant rose qui, lui, ne niche pas encore à Hyères.
 

Zoom sur des partenariats forts pour une préservation durable

Les Anciens Salins d’Hyères ont été achetés en 2001 par le Conservatoire du Littoral. Cet établissement public, dont la mission consiste à acquérir des espaces naturels sensibles pour les soustraire aux pressions d’urbanisation, n’a pas vocation à gérer les sites dont il est propriétaire.

La Commune d’Hyères, et depuis 2004 la Communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée, ont souhaité assurer la gestion de ces anciens Salins. Chaque partenaire étant convaincu que les intérêts biologiques, culturels et paysagers constituaient un atout pour la promotion d’un éco-tourisme raisonné.

Pour les assister dans cette mission, ils ont fait appel au Parc national de Port-Cros, conseiller technique et scientifique, ainsi qu’à la Délégation Provence Alpes Côte d’Azur de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Ces acteurs ont un objectif commun : protéger les Anciens Salins, optimiser les potentiels écologiques et patrimoniaux pour une valorisation pérenne afin de préserver durablement ces sites exceptionnels.

Le double tombolo de Giens

La création du tombolo de Giens remonte à plusieurs millions d’années. Entre 25 000 et 6 000 ans avant J.C., la liaison entre Giens et le continent semble se stabiliser. Elle résulte de la conjonction de plusieurs éléments : la présence de haut fonds entre Giens et le continent qui vont servir d’ancrage aux sédiments; la présence de fleuves côtiers (Gapeau, Pansard et Batailler) qui apportent dans la rade d’Hyères quantités de sédiments (surtout au moment des crues). La présence de l’herbier de posidonies facilite alors la fixation de ces sédiments. Le courant maritime et les alluvions déversés dans la mer par les rivières et hauts fonds sont donc les principaux éléments nécessaires à un tel miracle de la nature.

Fait beaucoup plus rare, le tombolo de Giens est double, avec deux plages détachées du rivage. La plage de l’Almanarre, dite flèche occidentale, serait la plus ancienne. La flèche orientale de la Capte, plus consistante depuis le temps où le Gapeau s’est joint à une rivière, le Réal Martin, redoublant ainsi de force et constituant cet autre tombolo exceptionnel.

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